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"Chapelle de Saint-Aurélien
Histoire de la confrérie de Saint-Aurélien, guide pour la visite de la chapelle ",
24 pages, en vente auprès de la confrérie.
 
 
 
La chapelle
 
 
      Protégée au titre des Monuments Historiquesnotre chapelle ouvre sur une petite place coupant la rue de la Boucherie.
 
      Les débuts de notre chapelle sont par certains aspects assez précisément connus, mais quelques points demeurent assez énigmatiques. Jusqu'à la Révolution, ce lieu de culte dépendait de la paroisse suburbaine de Saint-Cessateur (disparue, bas de l'actuelle rue des Pénitents-Rouges). C'était une simple succursale, ouverte aussi bien aux bouchers voisins qu'aux paroissiens de Saint-Cessateur. Vendue comme bien national le 11 germinal an III, elle fut acquise par deux bouchers agissant secrètement au nom de tous. C'est aujourd'hui une chapelle privée ouverte au culte public.
  
 
     Voici les principales dates de l'évolution de l'édifice :
 
1471-1475 : construction de la chapelle réduite à la nef actuelle.
1647-52 : agrandissement par l'ouverture du choeur actuel, transformation de la façade.
1679-83 : construction du clocher actuel.
1775 : aménagement du portail d'entrée.
1791-92 : acquisition d'un vitrail (placé après 1803 au-dessus de l'entrée) et de la grande croix en pierre dite ''croix des Carmes''.
1893-94 : aménagement du choeur, lambrissé et éclairé par un vitrail zénithal.
1986 : rénovation des murs extérieurs et notamment de la façade principale
2000 : restauration du choeur et du retable.

      La façade principale, donnant sur la place, est ornée de plusieurs sculptures :
 
      On remarque d'abord deux grandes statues :
> saint Jean l'évangéliste, avec l'aigle qui le symbolise,
> sainte Catherine d'Alexandrie, avec les instruments de son martyre.
 
      De part et d'autre de l'horloge, il y a deux blasons : à droite, celui des Juge, à gauche, celui des Cibot. 
 
      Au-dessus figurent un portrait, très abimé par les intempéries, probablement de saint Aurélien, et, au-dessus, un cartouche portant la date de 1652, année de la réalisation de cette façade.
 

       Le clocher est couvert en bardeaux de châtaignier ; il abrite la petite cloche de l'horloge et deux cloches pour sonner les offices. Le portail porte la date de 1775 dans un cartouche : c'est l'année où cette entrée a été élargie.

 

LA NEF
 
       Composée de trois travées voutées d'ogives, elle est peu éclairée par trois petites fenêtres latérales. Trapézoidale, elle mesure 9,40 m. sur 3,70 au milieu. De très nombreux ex-votos couvrent les murs et plusieurs grandes statues la décorent.
 
       Sur la gauche, il y a d'abord saint Antoine de Padoue, puis Notre Dame du Bon Secours, et surtout trois belles oeuvres du XVe siècle :
                   
    

      Le groupe de sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus est appelé ''la Vierge au rognon'' ; sainte Anne tient un panier en châtaignier, typiquement limousin (preuve que l'oeuvre provient d'un artiste local). La Vierge a un bouquet de fleurs à la main droite ; le Christ porte quelque chose à sa bouche : une identification traditionnelle y voit un rognon, cadeau coutumier des bouchères pour les jeunes enfants de leurs clientes. De là vient le nom de la statue.

      A coté, l'autel dédié à Notre Dame est privilégié. Il occupe un renfoncement du mur. Au dessus du tabernacle se dresse une Vierge couronnée portant l'enfant Jésus. Elle est appelée "la Vierge au sourire".

      Signalons, au-dessus, un tableau représentant l'adoration des mages (installé en 1890).

 

      Sainte Catherine d'Alexandrie, un livre ouvert à la main, présente les attributs de son martyre. 

      Sur la droite, près d'un enfant Jésus de Prague, on voit une statue en bronze de saint Pierre trônant ; elle a été offerte par François Parot, Etienne Cibot, dit le Frère, Jean Cibot, Jean-Baptiste Malinvaud-Mantoue, Malinvaud dit l'Ange et Malinvaud-Chagrin, en souvenir d'un pélerinage de la confrérie à Rome en 1887.

       A côté, une grande statue en bois, de saint Roch, date du XVIIe s.

       Dans la vitrine sont présentées une piéta en pierre, de même époque, appelée "Notre-Dame des petits-ventres" : c'est elle qui est à l'honneur lors de la fête patronale de la confrérie Notre-Dame-de-Pitié et lors de l'inauguration de la frairie des Petits-Ventres.

      Dans la vitrine, on remarque aussi une châsse en émaux de Limoges, de la fin du XXe s., abritant des reliques de notre saint patron, ainsi que des calottes ayant protégé la précieuse relique de saint Aurélien dans le reliquaire entre deux ostensions.

 
      En se retournant, le visiteur peut admirer, au-dessus du portail d'entrée, un très beau vitrail. La partie supérieure représente deux évêques se faisant face, généralement identifiés comme étant Martial et Aurélien. Datant du XVe siècle, il provient, comme la croix monolithe devant la chapelle, du couvent des Carmes des Arènes : comme elle, il a été acquis par la confrérie à la Révolution.
La partie inférieure de ce vitrail a été refaite en 1960 par les ateliers Chigot, le grand maître du vitrail limougeaud.

      Les clés de voute sont armoriées, sauf celle de l'arc marquant l'entrée du choeur, où figure le buste de saint Aurélien. Parmi les blasons représentés, le plus proche de l'entrée est celui de la famille Cibot en une version différente de celle de la facade : trois coupes de calice, 2 et 1.
 
 
LE CHOEUR
 
       Cette partie est une adjonction du XVIIe siècle. C'est pourquoi elle n'est pas voutée sur croisée d'ogives comme la nef. Elle en est séparée par quelques marches, une haute grille protectrice et une arcade.
 
       Les confrères de Saint-Aurélien y ont leurs places, le 1er syndic s'installant traditionnellement sur la première chaise de la première rangée de droite.
 
       Ce choeur est lambrissé, travail réalisé en 1894 par l'architecte limougeaud Planckaert. Cette partie est éclairée par trois ouvertures, deux latérales et une au plafond.
 
       Ce vitrail zénithal, mis en place également en 1894, est orné des couleurs de la confrérie, au centre, entourées de 4 blasons :
*   de la ville de Limoges, (de gueules au chef de saint Martial de carnation, vètu d'or, encadré des deux lettres onciales S et M d'or, au chef cousu d'azur à trois fleurs de lys d'or)
*   de la paroisse Saint-Pierre-du-Queyroix (dont dépendait la chapelle), (de gueules aux clés d'or posées en sautoir)
*   du pape Léon XIII (1878-1903),
*   et enfin de l'évêque de Limoges, Mgr Renouard (1888-1913).
 
       Le retable remonte au XVIIe siècle. Il est formé de deux ailes obliques encadrant la partie centrale qui domine l'autel majeur. 
 
       Au centre, le tabernacle abrite la Sainte Eucharistie. Il est orné de statuettes de saints séparées par des colonnettes torses semblables à celles du retable.
 
       Chacune des ailes du retable présente une grande statue d'évêque en bois doré, placée dans une niche : à gauche, saint Aurélien, à droite, saint Martial (probablement à l'origine, c'était un saint Cessateur, patron de la paroisse dont dépendait la chapelle jusqu'à la Révolution ; le changement d'identité à dû intervenir lors des grands travaux de 1894). Au-dessous de chacune est percée une porte : celle de droite donne accès dans la sacristie. 
 
      Le panneau central est séparé des ailes par des colonnes torses ornées de pampres de vigne. Elles supportent un entablement sur lequel sont assis deux angelots.
 
       La partie centrale du retable est presque totalement occupée par un très grand tableau. Celui-ci est une reproduction inversée d'une partie d'une oeuvre de Raphaël conservée à la Pinacothèque du Vatican : la Transfiguration. Il a été installé en 1892.
 
      Ce tableau peut être déplacé pour donner accès à une grande niche, fermée d'une porte et d'une grille en fer : cette dernière porte une inscription difficilement lisible mais où figure la date de 1683.
 
      Lorsque la niche est ouverte, on peut admirer une représentation très rare, datant du XVIIe siècle : le Saint Sacrement exposé sur une scène de théâtre ; on en reconnait bien le rideau et le bord de scène. Cette représentation est exceptionnelle puisque, comme chacun le sait, l'Eglise se méfiait au XVIIe siècle du théâtre.
 
      C'est dans l'ouverture de cette niche que la grande châsse de saint Aurélien est exposée durant les ostensions septennales et pour les ''le reliquaire renfermant la relique du "chef" (le crâne) de saint Aurélien.
 
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Quelques dessins et plans anciens de notre chapelle
 
 
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Des détails à remarquer
 
      Dans le choeur, observez, à droite, une grande statue du Sacré Coeur et, en face, deux statues, de tailles très différentes l'une de l'autre, mais formant une scène unique : une sainte Vierge de Lourdes, comme il est indiqué sur le socle, et une petite sainte Bernadette Soubirous agenouillée. Les deux premières font partie du décor établi en 1894, la dernière, de style sulpicien, est un ajout.
 
      Encore dans le choeur, devant le vitrail de droite, observez une statue de sainte Marie-Madeleine pénitente. Elle rappelle l'ancienne confrérie des pénitents feuille-morte, placée sous le patronage de cette sainte.
 
      Mais la statue est posée sur une console où figure un blason : une épée supportant une couronne, le tout encadré de deux fleurs de lys. Ce sont les armoiries de Jeanne d'Arc (accordées par Charles VII à celle qui avait rétabli, à la pointe de l'épée, la couronne de France). Il y avait au XIXe siècle, sur ce socle, une statue de la sainte patronne de la France.
 
      Toujours dans le choeur, vous remarquerez aussi une belle colonnette en pierre. Son origine est énigmatique : certains historiens l'estiment romane et l'identifient comme une ancienne "piscine" d'église. La cavité et la conduite d'évacuation sont conservés. 
 
      Elle a servi, aux XIXe siècle et début du XXe, de tronc pour les offrandes des fidèles : les traces du couvercle metallique posé pour cette transformation sont toujours visibles. La colonnette est utilisée aujourd'hui comme simple piédestal à un pot de fleurs. 
 
      Tout autour de la nef et du choeur, des lampes votives, rouges ou vertes, brillent en permanence. Une d'elle a été offerte au XIXe siècle par la marquise de Mac-Mahon.
 
       Dans la nef, levez les yeux, vous verrez un petit trou rond dans la clé de voute de la travée du milieu : c'est par là que passait jusqu'au XVIIe siècle la corde de la cloche. Le dessin de la chapelle du plan dit de Fayen, du XVIs s., montre notre chapelle avec le clocher, pointu, presque au centre.
 
(bientôt, d'autres détails)